Private equity : la perception du risque réglementaire et fiscal monte en flèche

  • Poste publié :14 juin 2021
  • Catégorie de poste :Tendance
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Les Limited Partners sont deux fois plus nombreux à redouter des hausses d’impôts qu’il y a 18 mois, à en croire le dernier baromètre de Coller Capital. 70 % d’entre eux craignent aussi les tours de vis réglementaires.

L’accord intervenu au G7 il y a dix jours sur un impôt mondial minimum n’y est pour rien. L’étude a été réalisée auprès d’une centaine d’investisseurs internationaux (Limited Partners ou LPs), dont 40 % sont établis en Europe entre février et mars dernier. Il en ressort néanmoins une forte hausse de l’appréhension dans le monde du private equity sur les questions de la réglementation et de la fiscalité et leurs effets sur les rendements des années qui viennent.

Le baromètre semestriel publié par Coller Capital, investisseur spécialisé sur le marché secondaire du capital-investissement, fait ressortir une nette augmentation de la perception du risque en général. Légère sur les éléments relatifs à la géopolitique et la guerre commerciale (qui demeurent toutefois le principal facteur d’inquiétude), cette hausse est beaucoup plus nette sur les éléments réglementaires et surtout fiscaux. 

Risque de hausses d’impôts

63 % des professionnels interrogés redoutent des hausses d’impôts dans cette version d’été 2021 de l’étude, alors qu’ils n’étaient que 32% à l’hiver 2019-2020. Sur le plan réglementaire, les craintes touchent même 70% de l’échantillon contre 43 % 18 mois plus tôt.

Faut-il y voir le résultat de l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis du président Joe Biden et de sa vice-présidente Kamala Harris? 34% des investisseurs estiment en tout cas que la nouvelle équipe aura un impact négatif sur le rendement du private equity, alors que 14% penchent plutôt pour un effet positif.

Les trois-quarts des LPs pensent néanmoins que l’administration démocrate aux États-Unis n’aura pas beaucoup d’impact sur l'environnement opérationnel global du capital-investissement. 

En dépit de leurs inquiétudes, la majorité des LPs pensent encore que le moment est propice pour un investissement dans cette classe d’actifs, même si “plus de la moitié des investisseurs institutionnels, notamment en Amérique du Nord, estiment qu'il est devenu plus difficile ces derniers temps de sélectionner les bons gestionnaires et les bons fonds”, souligne Coller Capital.

Le solde net des investisseurs qui prévoient d'augmenter leur allocation en actifs alternatifs est aujourd'hui plus élevé qu'il ne l'a jamais été depuis la crise financière mondiale de 2008-2009. Ce solde est positif pour tous les types d'actifs alternatifs, à l'exception des hedge funds, pour lesquels les allocations des investisseurs continuent de baisser.

Climat et santé au premier rang

Le consensus est encore plus large en matière de secteurs d’investissement. “Trois quarts des investisseurs privés s'attendent à ce qu'au cours des cinq prochaines années, leurs décisions d'investissement  soient influencées par les questions liées au changement climatique et à la durabilité, ainsi que par la santé et des biotechnologies. Les tendances démographiques, qui arrivent au troisième rang, influenceront les décisions d'investissement d'environ la moitié des investisseurs institutionnels”, indique Coller Capital.

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